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Ci-dessous, un extrait du livre de Johan Bourlard, Le Jihâd. Les textes fondateurs de l'islam face à la modernité, Editions de Paris, 2009. J'en avais déjà parlé auparavant, mais il m'a semblé utile d'y revenir une nouvelle fois : il faut le répéter sans se lasser, le jihad est un élément central de la doctrine islamique, et il a une signification guerrière.
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On peut entendre l'auteur interviewé à propos de son livre sur l'excellent site Lumière 101 (cliquer ici).
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« (...) l'Occident contemporain souffre d'un paradoxe : alors que les attentats commis au nom de l'islam font régulièrement la une des médias et suscitent quantité de débats, de conférences et de travaux de réflexion, il est pratiquement impossible de soumettre l'islam à la critique sans subir les protestations virulentes et les manoeuvres d'intimidation de la part de musulmans outrés qui déclarent (...) que l'islam est une religion de paix, d'amour et de tolérance, quitte, pour se faire comprendre, à verser le sang de l'un ou l'autre homme d'Eglise ou artiste irrévérencieux et avec pour résultat, un débat de fond toujours biaisé par des Occidentaux apeurés et culpabilisés qui se confondent en excuses et battent publiquement leur coulpe sous peine de passer pour de vulgaires islamophobes ou, pire encore, pour d'ignobles racistes.
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Pour résoudre la question du jihâd, il n'y a pourtant pas d'autre solution que de remonter, tant que faire se peut, aux sources de l'islam, c'est-à-dire à l'islam des origines, l'islam des textes fondateurs, dont on connaît finalement peu de choses en comparaison avec tout ce qui se dit et s'écrit au sujet des musulmans et de leur religion. Et à l'examen des textes (...), que voyons-nous ? Omniprésent dans les dernières sourates coraniques révélées à Mahomet, le jihâd s'étale en long et en large dans les différents recueils de hadîth qui forment la Sunna. Il constitue, en outre, le thème sur lequel se focalisent les premiers récits de la vie du Prophète, les fameux maghâzî mais aussi et surtout la Sîra d'Ibn Hicham, le document de référence auquel ont puisé, dans les siècles ultérieurs, tous les biographes de Mahomet.
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A la lumière des textes fondateurs, le jihâd apparaît incontestablement comme le pivot autour duquel tourne toute la carrière du prophète de l'islam depuis son émigration de la Mecque, en 622, jusqu'à sa mort, dix ans plus tard, à Médine. Dès qu'il projette de quitter sa ville natale, Mahomet romp tout lien avec sa tribu d'origine et conclut avec ses nouveaux alliés médinois des accords et une charte dont le but exclusif est la lutte armée contre tous ceux qui n'adhèrent pas au message de Mahomet avec une récompense sans limites pour ceux qui combattent dans le sentier d'Allah : un abondant butin pour les vainqueurs et, pour leurs compagnons morts au combat, le paradis. A mesure que le prophète guerrier augmente en puissance, le jihâd au départ essentiellement défensif prend un tour de plus en plus offensif. Les combats, razzias et assassinats s'enchaînent à un rythme soutenu - 8 expéditions par an, en moyenne - et sur un territoire toujours plus grand : le Hijâz, ensuite la péninsule arabique, enfin le Croissant fertile qui ouvre la voie à la conquête du reste du monde. (...)
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(...) si le défi de la modernité en Islam ne peut être relevé que par les musulmans eux-mêmes, les Occidentaux ne doivent pas pour autant rester étrangers à ces évolutions, car c'est en Occident que viennent s'établir de plus en plus de musulmans, dont des activistes qui souhaitent islamiser nos démocraties. Face à ce danger les responsables occidentaux croient bon de faire des concessions en favorisant l'installation de l'islam en Occident et en masquant les problèmes que posent les franges les plus radicales des communautés musulmanes. Ce n'est pas de cette façon que nous allons aider les musulmans à avancer. Les problèmes d'intégration doivent être pris à bras le corps et les dirigeants occidentaux ne doivent pas, dans cette entreprise, négliger la fermeté. Jusqu'à présent le régime des concessions a surtout permis l'établissement et la diffusion, au coeur même de l'Occident, de l'islam le plus radical qui considère la politique de la main tendue comme un aveu de faiblesse de la part des Occidentaux et comme une preuve de la vocation de l'islam à dominer le monde.
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Dans leur politique d'intégration, la plupart des dirigeants occidentaux souffrent d'un grave handicap : l'ignorance de l'islam des des textes, de l'islam des origines qui domine encore tellement l'inconscient collectif des musulmans. De plus, cette ignorance s'accompagne souvent d'une indifférence qui les fait croire que toutes les religions sont pareilles et qu'on résoudra le problème de l'islam comme on a résolu celui du christianisme. Faut-il rappeler que Mahomet n'est pas Jésus et que le Coran n'est pas l'Evangile ? Dès 622, Mahomet est devenu l'homme fort de Médine. Il s'est ensuite imposé à la Mecque et dans toute la Péninsule arabique en exerçant la force armée et la terreur. Ensuite dans les deux siècles qui ont suivi l'Hégire, les musulmans ont dominé politiquement et militairement partout où ils sont allés. Arrivés en conquérants, ils se sont taillés un empire dans lequel ils ont immédiatement dominé, contrairement aux chrétiens qui ont dû attendre trois siècles avant de jouir d'une liberté de culte pleine et entière.
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Pour toute personne qui connaît un tant soit peu le christianisme et l'islam, il est clair qu'un chrétien qui voudrait imiter le Christ et ses apôtres n'adopterait pas le même comportement qu'un musulman désireux de suivre l'exemple donné par Mahomet et ses compagnons. On pourra toujours en effet reprocher à un chrétien utilisant la violence pour défendre et/ou propager sa religion, d'avoir trahi l'esprit de son maître. Pour un musulman, ce reproche ne tient pas.
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Dans le projet d'intégration de l'islam dans la modernité, l'Occident a donc un rôle à jouer mais pas celui qu'il a tenu jusqu'à présent et qui ressemble davantage à la diplomatie de capitulation face à un islam intégriste et fondamentaliste de plus en plus arrogant. C'est un autre comportement qu'il faut désormais adopter (...).
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La politique de l’apaisement qui a prévalu jusqu’à présent et qui n’a fait que nourrir le complexe munichois des Occidentaux mais aussi l’esprit de conquête des islamistes, doit maintenant faire place, pendant qu’il en est encore temps, à une politique de fermeté excluant toute concession unilatérale, quitte à déplaire à toute une partie de la communauté musulmane vivant en Occident. Car il y va de la survie de nos démocraties. »
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« (...) l'Occident contemporain souffre d'un paradoxe : alors que les attentats commis au nom de l'islam font régulièrement la une des médias et suscitent quantité de débats, de conférences et de travaux de réflexion, il est pratiquement impossible de soumettre l'islam à la critique sans subir les protestations virulentes et les manoeuvres d'intimidation de la part de musulmans outrés qui déclarent (...) que l'islam est une religion de paix, d'amour et de tolérance, quitte, pour se faire comprendre, à verser le sang de l'un ou l'autre homme d'Eglise ou artiste irrévérencieux et avec pour résultat, un débat de fond toujours biaisé par des Occidentaux apeurés et culpabilisés qui se confondent en excuses et battent publiquement leur coulpe sous peine de passer pour de vulgaires islamophobes ou, pire encore, pour d'ignobles racistes.
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Pour résoudre la question du jihâd, il n'y a pourtant pas d'autre solution que de remonter, tant que faire se peut, aux sources de l'islam, c'est-à-dire à l'islam des origines, l'islam des textes fondateurs, dont on connaît finalement peu de choses en comparaison avec tout ce qui se dit et s'écrit au sujet des musulmans et de leur religion. Et à l'examen des textes (...), que voyons-nous ? Omniprésent dans les dernières sourates coraniques révélées à Mahomet, le jihâd s'étale en long et en large dans les différents recueils de hadîth qui forment la Sunna. Il constitue, en outre, le thème sur lequel se focalisent les premiers récits de la vie du Prophète, les fameux maghâzî mais aussi et surtout la Sîra d'Ibn Hicham, le document de référence auquel ont puisé, dans les siècles ultérieurs, tous les biographes de Mahomet.
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A la lumière des textes fondateurs, le jihâd apparaît incontestablement comme le pivot autour duquel tourne toute la carrière du prophète de l'islam depuis son émigration de la Mecque, en 622, jusqu'à sa mort, dix ans plus tard, à Médine. Dès qu'il projette de quitter sa ville natale, Mahomet romp tout lien avec sa tribu d'origine et conclut avec ses nouveaux alliés médinois des accords et une charte dont le but exclusif est la lutte armée contre tous ceux qui n'adhèrent pas au message de Mahomet avec une récompense sans limites pour ceux qui combattent dans le sentier d'Allah : un abondant butin pour les vainqueurs et, pour leurs compagnons morts au combat, le paradis. A mesure que le prophète guerrier augmente en puissance, le jihâd au départ essentiellement défensif prend un tour de plus en plus offensif. Les combats, razzias et assassinats s'enchaînent à un rythme soutenu - 8 expéditions par an, en moyenne - et sur un territoire toujours plus grand : le Hijâz, ensuite la péninsule arabique, enfin le Croissant fertile qui ouvre la voie à la conquête du reste du monde. (...)
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(...) si le défi de la modernité en Islam ne peut être relevé que par les musulmans eux-mêmes, les Occidentaux ne doivent pas pour autant rester étrangers à ces évolutions, car c'est en Occident que viennent s'établir de plus en plus de musulmans, dont des activistes qui souhaitent islamiser nos démocraties. Face à ce danger les responsables occidentaux croient bon de faire des concessions en favorisant l'installation de l'islam en Occident et en masquant les problèmes que posent les franges les plus radicales des communautés musulmanes. Ce n'est pas de cette façon que nous allons aider les musulmans à avancer. Les problèmes d'intégration doivent être pris à bras le corps et les dirigeants occidentaux ne doivent pas, dans cette entreprise, négliger la fermeté. Jusqu'à présent le régime des concessions a surtout permis l'établissement et la diffusion, au coeur même de l'Occident, de l'islam le plus radical qui considère la politique de la main tendue comme un aveu de faiblesse de la part des Occidentaux et comme une preuve de la vocation de l'islam à dominer le monde.
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Dans leur politique d'intégration, la plupart des dirigeants occidentaux souffrent d'un grave handicap : l'ignorance de l'islam des des textes, de l'islam des origines qui domine encore tellement l'inconscient collectif des musulmans. De plus, cette ignorance s'accompagne souvent d'une indifférence qui les fait croire que toutes les religions sont pareilles et qu'on résoudra le problème de l'islam comme on a résolu celui du christianisme. Faut-il rappeler que Mahomet n'est pas Jésus et que le Coran n'est pas l'Evangile ? Dès 622, Mahomet est devenu l'homme fort de Médine. Il s'est ensuite imposé à la Mecque et dans toute la Péninsule arabique en exerçant la force armée et la terreur. Ensuite dans les deux siècles qui ont suivi l'Hégire, les musulmans ont dominé politiquement et militairement partout où ils sont allés. Arrivés en conquérants, ils se sont taillés un empire dans lequel ils ont immédiatement dominé, contrairement aux chrétiens qui ont dû attendre trois siècles avant de jouir d'une liberté de culte pleine et entière.
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Pour toute personne qui connaît un tant soit peu le christianisme et l'islam, il est clair qu'un chrétien qui voudrait imiter le Christ et ses apôtres n'adopterait pas le même comportement qu'un musulman désireux de suivre l'exemple donné par Mahomet et ses compagnons. On pourra toujours en effet reprocher à un chrétien utilisant la violence pour défendre et/ou propager sa religion, d'avoir trahi l'esprit de son maître. Pour un musulman, ce reproche ne tient pas.
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Dans le projet d'intégration de l'islam dans la modernité, l'Occident a donc un rôle à jouer mais pas celui qu'il a tenu jusqu'à présent et qui ressemble davantage à la diplomatie de capitulation face à un islam intégriste et fondamentaliste de plus en plus arrogant. C'est un autre comportement qu'il faut désormais adopter (...).
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La politique de l’apaisement qui a prévalu jusqu’à présent et qui n’a fait que nourrir le complexe munichois des Occidentaux mais aussi l’esprit de conquête des islamistes, doit maintenant faire place, pendant qu’il en est encore temps, à une politique de fermeté excluant toute concession unilatérale, quitte à déplaire à toute une partie de la communauté musulmane vivant en Occident. Car il y va de la survie de nos démocraties. »
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